En 2026, année marquée par une uniformisation croissante des smartphones, un fabricant de niche se lance enfin dans l'aventure avec un produit « inhabituel ». Nex Computer a récemment annoncé la sortie, au troisième trimestre, du NexPhone, un smartphone milieu de gamme. Son principal atout ? Non pas un appareil photo exceptionnel ou un grand écran, mais sa compatibilité avec trois systèmes d'exploitation : Android, Linux et Windows 11. De plus, il intègre le processeur Dragonwing de Qualcomm, conçu pour les applications IoT industrielles.
Au lieu d'utiliser un processeur Snapdragon, ils ont opté pour une puce industrielle à longue durée de vie.
La caractéristique la plus unique du NexPhone est qu'il n'utilise pas les processeurs de la série Snapdragon, familiers à la plupart des consommateurs, mais plutôt la plateforme informatique Qualcomm Dragonwing QCM6490.
Cette puce est généralement utilisée dans les objets connectés (IoT) tels que les tablettes durcies, les terminaux de point de vente ou les systèmes de surveillance de véhicules. NexPhone l'a choisie en raison de son cycle de vie extrêmement long (officiellement pris en charge jusqu'en 2036). Comparée aux puces grand public, elle présente moins de contraintes de conception, ce qui facilite le développement de systèmes multiples et la prise en charge des communications de bas niveau. Elle offre également une connectivité complète 5G, Wi-Fi et Bluetooth.
Un hommage à Windows Phone ? Passage fluide entre trois systèmes
Côté logiciel, le NexPhone fonctionne sous une version personnalisée de NexOS. D'après la description officielle, Linux est intégré au système Android sous forme d'application, permettant ainsi aux utilisateurs de basculer entre les environnements Android et Linux sans redémarrer l'appareil.
Windows 11 est implémenté via l'architecture Windows on Arm, et Nex Computer a même conçu une interface spéciale pour le NexPhone qui rend hommage aux vignettes dynamiques originales de Windows Phone.
De plus, ce téléphone prend également en charge la sortie d'écran via USB-C, permettant la connexion à un écran externe, une souris et un clavier pour transformer le NexPhone en « PC », ou en « ordinateur portable » avec l'accessoire NexDock vendu séparément (mais via un accessoire de type ordinateur portable et connecté par câble).
Spécifications de milieu de gamme, au prix de 549 $
Les caractéristiques techniques sont relativement classiques : un écran IPS de 6.58 pouces avec une résolution Full HD+ et un taux de rafraîchissement de 120 Hz, protégé par du verre Corning Gorilla Glass 3. Le boîtier répond à la norme militaire américaine MIL-STD-810H, conforme aux spécifications de protection IP68 et IP69K. Il est équipé d’une batterie de 5 000 mAh, mais sa puissance de charge est limitée à 18 W. L’appareil photo principal est doté d’un objectif grand angle de 50 mégapixels avec capteur Sony IMX787, ainsi que d’un objectif ultra grand angle et d’une caméra frontale.
Le NexPhone est actuellement disponible en précommande sur le site web de Nex Computer. La précommande est possible pour 199 $ et inclut un hub USB-C à 5 ports. Sa commercialisation est prévue pour le troisième trimestre de cette année, au prix de vente conseillé de 549 $ (environ 1.8 000 NT$).
Analyse des points de vue
L'arrivée du NexPhone évoque inévitablement des souvenirs de l'époque geek du HTC HD2, où « tout pouvait être flashé ». Pour les développeurs qui aiment bidouiller ou les passionnés de Linux, c'est assurément un jouet amusant.
Toutefois, du point de vue du grand public, ce produit soulève deux problèmes majeurs : premièrement, la question de la licence. L’exécution de Windows 11 sur un téléphone Android est-elle officiellement autorisée par Microsoft, ou s’agit-il d’une version d’essai opérant dans une zone grise ? De plus, son système d’exploitation Android est-il certifié Google GMS ? S’il est uniquement développé sur la base d’AOSP, son utilité pourrait être considérablement réduite.
Le deuxième facteur concerne les performances et la maintenance. Bien que la plateforme informatique Dragonwing QCM6490 ait une longue durée de vie, ses performances sont à peine équivalentes à celles d'une puce de téléphone mobile de milieu ou haut de gamme d'il y a quelques années, ce qui peut s'avérer insuffisant pour exécuter Windows 11 lors de tâches complexes. De plus, étant donné que Nex Computer est une petite entreprise, sa capacité à assurer la maintenance et la mise à jour de trois systèmes d'exploitation sur le long terme représente un risque que les consommateurs doivent prendre en compte avant de passer commande.
En résumé, il s'agit d'une création nostalgique pour les geeks purs et durs ; il est conseillé aux utilisateurs lambda de se contenter de l'admirer de loin.
En réalité, Nex Computer avait déjà proposé le concept du NexPhone il y a 13 ans. À l'époque, l'entreprise envisageait de transformer le téléphone mobile en une véritable plateforme informatique, utilisable comme ordinateur de bureau, ordinateur portable ou tablette grâce à une connexion filaire. Elle avait même lancé par la suite l'adaptateur Nextdock. Cependant, l'apparition ultérieure de fonctionnalités similaires sur les appareils Google Android a probablement incité Nex Computer à revoir la conception de son produit.







