Un vétéran qui a travaillé pour Ubisoft pendant 20 ans et qui a joué un rôle déterminant dans le développement de la série Assassin's Creed.Marc-Alexis CôtéLa raison de sa « démission » en octobre dernier semble être plus complexe.Rapports associésMarc-Alexis Côté a officiellement déposé une plainte contre Ubisoft, accusant la société de « licenciement déguisé » et réclamant des dommages et intérêts pouvant atteindre 130 million de dollars canadiens (environ 2980 millions de dollars taïwanais).
Ce procès a non seulement mis au jour la lutte de pouvoir au sein du géant français du jeu vidéo, mais a également révélé les secrets de sa collaboration avec Tencent pour la création d'une nouvelle société.
Ce qui était perçu comme une « rupture pacifique » était en réalité un repli forcé ?
L'histoire remonte à octobre dernier, lorsqu'Ubisoft a annoncé le départ de Marc-Alexis Côté, parti explorer de nouveaux horizons. Ce dernier a cependant affirmé qu'il s'agissait d'une manœuvre de l'entreprise pour éviter de lui verser des indemnités de départ et faire appliquer des clauses de non-concurrence.
Selon la plainte, le conflit a été déclenché par la collaboration d'Ubisoft avec Tencent en vue de la création d'une nouvelle société en octobre dernier.Vantage StudiosCela leur permettrait de contrôler leurs actifs vidéoludiques les plus précieux, notamment la série Assassin's Creed, dont Marc-Alexis Côté était initialement responsable. Marc-Alexis Côté a ensuite découvert que la nouvelle société recrutait pour un poste de haut niveau intitulé « Directeur des franchises », dont l'autorité surpasserait de fait la sienne.
« L’obstruction à la promotion » est-elle un péché capital ? Yves Guillemot accusé d’entrave à sa promotion.
Marc-Alexis Côté affirme avoir postulé pour le poste, mais avoir été bloqué par le PDG d'Ubisoft, Yves Guillemot, pour une raison aussi simple que controversée : Côté était basé au Canada, alors que l'entreprise souhaitait que le poste soit pourvu par une personne basée en France.
Une vive discussion s'ensuivit. Ubisoft proposa une alternative : Marc-Alexis Côté pourrait devenir directeur de la production ou diriger un studio de création pour les licences secondaires. Cependant, pour Côté, qui avait pris en charge l'intégralité de la franchise Assassin's Creed en 2022, il s'agissait clairement d'une rétrogradation.
Licenciement déguisé et accord de non-concurrence
Selon les documents de la poursuite, Marc-Alexis Côté, se sentant « désorienté et anxieux », a pris deux semaines de congé pour réfléchir. Toutefois, à la fin de son congé, la direction d'Ubisoft lui a lancé un ultimatum : accepter un nouveau poste ou démissionner. Marc-Alexis Côté a soutenu qu'il s'agissait d'un « licenciement déguisé » et a exigé le versement de l'indemnité de départ prévue à son contrat.
Finalement, Ubisoft a informé Marc-Alexis Côté qu'il n'avait pas besoin de reprendre le travail avant la date prévue et lui a remis unilatéralement un avis de « démission volontaire ». Marc-Alexis Côté réclame actuellement une indemnité de départ et des dommages-intérêts pour préjudice moral, et demande au tribunal de lever les restrictions de sa clause de non-concurrence.
Ubisoft n'a pas encore réagi à la plainte.



