L'acquisition par Qualcomm de l'entreprise israélienne Autotalks fait l'objet d'une enquête chinoise, ce qui soulève la possibilité que les fusions et acquisitions transfrontalières soient impliquées dans des troubles géopolitiques.
L'Administration d'État chinoise pour la réglementation du marché (SAMR) a annoncé avoir ouvert une enquête antitrust contre le fabricant américain de puces Qualcomm pour non-respect de l'obligation légale de déclaration de fusion lors de l'acquisition du concepteur israélien de puces de sécurité automobile Autotalks, ce qui pourrait constituer une violation de la loi anti-monopole de la République populaire de Chine. Cette situation illustre une fois de plus la complexité des enjeux auxquels sont confrontées les entreprises technologiques dans le contexte actuel de tensions sino-américaines et de pressions réglementaires internationales. L'acquisition, qui a duré un an et demi, a finalement été finalisée à un prix avantageux. En mai 2023, Qualcomm, par l'intermédiaire de sa filiale Qualcomm Technologies, a annoncé l'acquisition d'Autotalks. À l'époque, le marché estimait la transaction entre 350 et 400 millions de dollars, l'objectif étant de renforcer ses capacités technologiques dans le domaine des communications véhicule-infrastructure (V2X). Autotalks se concentre depuis longtemps sur le développement de puces pour véhicules connectés, qui pourraient compléter la plateforme de véhicules intelligents Snapdragon Auto de Qualcomm et contribuer à jeter les bases des futures architectures de communication pour la conduite autonome. Cependant, l'opération a immédiatement attiré l'attention des autorités de régulation de nombreux pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne, qui ont toutes lancé des enquêtes sur les risques potentiels de monopole. Le projet d'acquisition initial a donc été retardé, puis finalement suspendu début 2024. Il n'a repris qu'en juin de cette année, Qualcomm finalisant l'acquisition pour un montant d'environ 80 à 90 millions de dollars, bien inférieur à l'évaluation initiale. L'enquête chinoise porte sur le défaut de déclaration de fusion, comme l'exige la loi. Selon un communiqué de l'Administration d'État pour la réglementation du marché de Chine, Qualcomm n'a pas déposé de déclaration de fusion auprès des autorités chinoises avant de finaliser l'acquisition, enfreignant ainsi la réglementation antitrust chinoise en vigueur. Une « fusion » désigne la création d'un lien de contrôle substantiel par le biais de fusions, d'acquisitions d'actions ou de prises de contrôle contractuelles. Dès lors que le marché chinois est concerné, les entreprises sont légalement tenues de déposer de telles déclarations. L'Administration d'État pour la réglementation du marché a indiqué qu'elle ouvrirait une enquête conformément à la réglementation, mais n'a pas encore annoncé de calendrier précis pour d'éventuelles sanctions. Il semblerait que cette affaire ne se limite pas à des irrégularités de procédure, mais reflète également les inquiétudes de la Chine quant à la pénétration des entreprises étrangères de semi-conducteurs dans la chaîne d'approvisionnement automobile. La technologie d'Autotalks est considérée comme un élément clé des futurs transports intelligents et véhicules autonomes, et certains analystes interprètent la mesure réglementaire chinoise comme un signe de renforcement de la domination de la Chine dans le secteur des technologies automobiles. Les défis posés par les fusions-acquisitions transfrontalières des entreprises technologiques ne cessent de s'intensifier. Ce n'est pas la première fois que Qualcomm fait l'objet d'une enquête pour pratiques anticoncurrentielles en Chine. En 2015, l'entreprise avait été condamnée à une amende de 60.88 milliards de yuans pour violation de licences de brevets, ce qui constituait alors la plus forte sanction antitrust jamais infligée en Chine. Cette nouvelle enquête souligne le contrôle de plus en plus rigoureux et les incertitudes politiques auxquels sont confrontées les entreprises technologiques internationales en matière d'investissements transfrontaliers et de fusions-acquisitions. Pour Qualcomm, l'acquisition d'Autotalks symbolise une expansion stratégique sur le marché des semi-conducteurs automobiles, avec pour objectif de créer une solution embarquée complète grâce à sa plateforme pour véhicules intelligents Snapdragon Ride. Toutefois, dans un contexte géopolitique et réglementaire de plus en plus tendu, cet accord pourrait non seulement être affecté, mais la stratégie de développement de Qualcomm sur le marché chinois pourrait également en pâtir.











