Une interview de l'ancien PDG d'Apple, datant d'il y a 30 ans, a été rendue publique : la technologie peut devenir obsolète, mais la valeur d'une bonne histoire restera toujours.
Alors que Pixar a récemment dévoilé la première bande-annonce de *Toy Story 5*, présentant un nouveau personnage – la tablette tactile « Lilypad » –, les archives de Steve Jobs ont publié une interview longtemps oubliée pour commémorer le 30e anniversaire du classique de l'animation Pixar, *Toy Story*. Dans cet entretien, l'ancien PDG d'Apple, Steve Jobs, partage sa philosophie de management chez Pixar, explorant la relation entre « technologie » et « récit », des réflexions toujours pertinentes à l'ère de l'intelligence artificielle. Le rôle du PDG : au service des talents. Jobs a quitté Apple pour fonder la société informatique NeXT, puis, en 1986, a acquis environ 70 % du studio d'effets spéciaux d'animation par ordinateur de George Lucas à Emeryville, en Californie, pour 10 millions de dollars, créant ainsi le studio d'animation indépendant Pixar. En 1995, Pixar a sorti le premier long métrage d'animation entièrement en 3D au monde, *Toy Story*. Interrogé sur la manière dont il a mené Pixar au rang de leader du secteur, Steve Jobs a démontré une philosophie de management unique. Il estime que dans les secteurs créatifs et technologiques, « la hiérarchie du pouvoir est inversée ; le PDG se trouve en réalité tout en bas de l'échelle ». Jobs expliquait que les véritables artisans de résultats exceptionnels sont les artistes et ingénieurs de terrain, et que ces talents de haut niveau sont extrêmement rares. « Si vous ne les traitez pas bien, ils peuvent trouver un autre emploi en dix minutes. » Par conséquent, le rôle du management n'est plus de donner des ordres, mais de les soutenir, de lever les obstacles et de créer un environnement propice à leur épanouissement. Fusion de la Silicon Valley et d'Hollywood : privilégier la carotte à la force. Jobs a également évoqué la culture d'entreprise unique de Pixar, une « fusion des cultures hollywoodienne et de la Silicon Valley ». Il soulignait qu'Hollywood utilise généralement une approche coercitive, s'appuyant sur des contrats pour fidéliser les talents. La Silicon Valley, en revanche, préfère une approche incitative, faisant des employés des actionnaires grâce aux options d'achat d'actions. Steve Jobs a clairement exprimé sa préférence pour le modèle de la Silicon Valley : « Nous partageons tous le même objectif : créer de la valeur pour les actionnaires, donc personne ne veut partir. » Il est allé encore plus loin, déclarant : « S'ils ne veulent pas travailler chez Pixar, ils n'ont qu'à partir, qu'ils aient un contrat ou non. » Cette attitude ouverte et respectueuse est devenue essentielle à la capacité de Pixar d'attirer les meilleurs talents créatifs et techniques. La technologie peut devenir obsolète, mais les belles histoires sont éternelles. Le passage le plus touchant de l'interview concernait la vision de Jobs sur la « valeur du contenu ». Pionnier de la révolution de l'ordinateur personnel, il a franchement admis que les produits technologiques ont une durée de vie courte : « Si leur durée de vie est d'un ou deux ans, c'est une chance ; ils finiront tous par tomber dans l'oubli. » À l'inverse, il a cité *Blanche-Neige* de Disney en exemple, soulignant que ce film de 1937 émeut encore ses enfants 60 ans plus tard. Jobs pense que *Toy Story* est revu 60 ans plus tard non pas grâce à sa technologie d'infographie avancée, mais parce qu'il raconte une belle histoire d'amitié. Il a insisté : « Aucune technologie ne peut transformer une mauvaise histoire en une bonne. » C'est également la règle d'or de Pixar. Il est intéressant de noter que la théorie de Steve Jobs, évoquée dans l'interview, selon laquelle « les ambitions visuelles croissent au même rythme que la technologie » (par exemple, le temps de rendu par image reste de 3 heures, mais la complexité est multipliée par cent), semble trouver une nouvelle validation dans le paysage actuel de l'intelligence artificielle générative en plein essor. Bien qu'il n'ait pas anticipé la révolution de l'IA, son insistance sur les valeurs fondamentales que sont « l'humain » et « l'histoire » constitue sans aucun doute une source d'inspiration précieuse pour les créateurs contemporains.

















