Alors que ByteDance dévoilait Seedance 2.0 (Doubao Video Generation Model 2.0), son modèle de génération vidéo par IA de nouvelle génération, affirmant pouvoir rivaliser avec des outils comme Sora d'OpenAI à un coût extrêmement bas, moins de 24 heures plus tard, la colère d'Hollywood parvenait jusqu'au bureau de John Rogovin, directeur juridique mondial de ByteDance. À la tête de cette offensive se trouvait nul autre que Disney, réputé pour son « service juridique le plus performant au monde ».
Polémique autour des « bibliothèques de ressources libres » : La zone grise de l'entraînement de l'IA est mise en lumière.
Selon le site web d'AxiosObtenez une lettre d'avocatLes propos de Disney étaient extrêmement virulents, accusant ByteDance d'avoir créé une « base de données de personnages piratés » au sein de Seedance 2.0.
En résumé, Disney estime que ByteDance n'a pas simplement « accidentellement » obtenu les documents pertinents, mais a plutôt utilisé des propriétés intellectuelles de premier plan telles que Spider-Man, Dark Vador et Bébé Yoda, qui sont des documents du domaine public gratuits, pour entraîner ses modèles.
Des observations plus poussées ont révélé que le tollé provoqué par cet incident était dû à la précision « incroyablement élevée » des vidéos générées par Seedance 2.0. Par exemple, Pan Tianhong, vidéaste chinois travaillant pour le média audiovisuel « Film Hurricane », a souligné dans son test l'adaptabilité « terrifiante » de l'IA. Celle-ci pouvait non seulement reconnaître automatiquement les visages et les associer à la voix, mais aussi déduire avec précision les décors d'entreprises non mentionnés dans les instructions. Autrement dit, l'étendue et la profondeur de sa base de données d'entraînement dépassaient de loin l'imagination de la plupart des créateurs.
La répression collective d'Hollywood : il ne s'agit pas seulement de droits d'auteur, c'est une bataille pour la survie.
Outre Disney, Charles Rivkin, président de la Motion Picture Association of America (MPA), a également critiqué publiquement ByteDance pour « violation massive du droit d'auteur ». La Screen Actors Guild of America (SAG-AFTRA) était encore plus furieuse car le contenu généré par Seedance 2.0 montrait notamment le président du syndicat, Sean Astin, interprétant un personnage du « Seigneur des Anneaux » et prononçant des répliques qu'il n'avait jamais jouées.
Il s'agit sans aucun doute d'une ligne rouge pour Hollywood. Il y a à peine un an, les studios et la Screen Actors Guild mettaient fin à une grève majeure pour les droits sur l'IA, et voilà que ByteDance, sous le slogan « prix bas et haute efficacité », utilise ce patrimoine culturel déjà existant pour menacer les moyens de subsistance des créateurs.
ByteDance a manifestement sous-estimé les mécanismes de protection des droits de propriété intellectuelle sur le marché mondial. Bien que la synchronisation audiovisuelle « cinématographique » et la narration multicaméra soient techniquement réussies, l’absence de mécanismes d’autorisation contraignant ce produit risque de compromettre sérieusement son succès à l’international.
Analyse des points de vue
La tentative de ByteDance d'accélérer l'évolution des modèles d'IA en exploitant d'énormes quantités de données vidéo (y compris potentiellement du contenu TikTok et des documents cinématographiques et télévisuels non autorisés) est certes une bonne nouvelle pour le monde de la technologie, mais un désastre juridique.
La mise en demeure de Disney n'est que le début. Si ByteDance ne parvient pas à un accord, conformément à la règle du secteur qui consiste à « négocier d'abord, payer ensuite », cet outil très attendu, qui vise à bouleverser Hollywood, risque d'être définitivement exclu du marché chinois par les batailles juridiques d'Hollywood.



