Commission européennePublication des résultats préliminaires de l'enquêteL'Union européenne a conclu que la conception de TikTok enfreint la réglementation européenne sur les services numériques (DSA). Elle a déclaré que la conception addictive de TikTok ne permet pas de prévenir efficacement les risques potentiels pour la santé mentale et physique des utilisateurs, notamment des mineurs, et pourrait contraindre l'entreprise à modifier ses algorithmes et son interface.
Conception visant à mettre les utilisateurs en « mode de navigation automatique »
Dans son communiqué de presse, la Commission européenne a mis en avant plusieurs fonctionnalités clés de TikTok : le défilement infini, la lecture automatique, les notifications push et un système de recommandations hautement personnalisé.
Les autorités estiment que la pratique de TikTok consistant à « récompenser » constamment les utilisateurs avec du nouveau contenu alimente l'envie de faire défiler les vidéos sans cesse, plongeant ainsi le cerveau des utilisateurs dans un état d'inconscience similaire au « mode pilote automatique ». Des recherches scientifiques montrent que ce mécanisme peut engendrer des comportements compulsifs et réduire la maîtrise de soi des utilisateurs.
Par ailleurs, l’UE estime également que les contrôles parentaux et les limites de temps d’écran actuellement proposés par TikTok sont « insuffisants » et ne permettent pas d’atténuer efficacement les risques susmentionnés.
TikTok réfute catégoriquement ces allégations : elles sont sans fondement.
En réponse aux accusations de l'UE, un porte-parole de TikTok a déclaré au New York Times que les conclusions préliminaires de la Commission européenne étaient une « déformation » de sa plateforme, soulignant que les accusations étaient totalement infondées et affirmant que TikTok prendrait toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions.
L’UE a commencé à imposer des sanctions à TikTok en février 2024.Mener une enquête approfondieSi TikTok est finalement reconnu coupable d'avoir enfreint la loi sur les services numériques, il pourrait se voir infliger une amende considérable équivalente à 6 % de son chiffre d'affaires mondial annuel et être contraint de modifier son modèle opérationnel.


