Le juge de district américain Paul FriedmanDécision antérieureLa décision du ministère américain de la Défense d’inclure DJI dans la liste des « entreprises militaires chinoises » est bien fondée et donc rejetée.DJI a déjà déposé une plainte, ce qui signifie que l’environnement de développement de DJI aux États-Unis continuera d’être strictement restreint.
Paul Friedman a souligné dans le verdict que DJI avait elle-même admis que sa technologie pouvait effectivement être utilisée à des fins militaires et qu'elle avait bel et bien été mise en pratique. Même si la politique interne de l'entreprise affirmait interdire toute utilisation militaire, cela ne changeait rien au fait que ses produits « avaient un potentiel important et des applications militaires réelles ». Par conséquent, il estimait que la décision du Département de la Défense américain n'était pas abusive.
DJI a intenté une action en justice en octobre 2024, arguant qu'elle n'était « ni détenue ni contrôlée par l'armée chinoise » et soulignant les dommages financiers et réputationnels persistants causés par sa désignation d'« entreprise militaire chinoise ». Selon la réglementation américaine, être désigné comme « entreprise militaire chinoise » interdit toute participation aux programmes de subventions, contrats, prêts ou autres collaborations du gouvernement américain, ce qui impacte considérablement ses activités.
En réalité, les relations entre DJI et le gouvernement américain sont tendues depuis longtemps. Dès 2020, le Département du Commerce américain a ajouté DJI et 77 autres entreprises à la « Liste des entités », une liste d'entreprises interdites d'exportation de technologies, empêchant ainsi les entreprises américaines de faire des affaires avec elles.
L'année suivante, le Trésor américain a ajouté DJI à sa liste des « entreprises militaires chinoises » car sa technologie était impliquée dans la surveillance des Ouïghours au Xinjiang, en Chine. L'année dernière, les douanes américaines ont même commencé à saisir des drones DJI destinés au grand public à la frontière.
Outre cette désignation, DJI est désormais confrontée à un défi plus immédiat : une éventuelle interdiction d'importation aux États-Unis. Initialement prévue pour 2024, le Congrès a inclus une disposition dans un projet de loi de défense de 8950 milliards de dollars accordant à DJI un an pour prouver que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité nationale.
Cependant, DJI n'a pas encore convaincu les cinq principales agences de sécurité américaines (Département de la Sécurité intérieure, Département de la Défense, FBI, Agence de sécurité nationale et Bureau du directeur du renseignement national) qu'elle avait enfreint la loi. En mars dernier, DJI a publiquement appelé les agences concernées à mener immédiatement une enquête, mais il semble que la situation ne se soit pas inversée.
Pour DJI, la stagnation du marché américain impacte non seulement son chiffre d'affaires mondial, mais représente également un défi à long terme pour son image de marque. Pour les États-Unis, elle témoigne de la surveillance croissante des entreprises technologiques chinoises en matière de sécurité nationale.



