Le tribunal de district américain pour le district nord de la Californie a entendu une affaire concernant la question de savoir si le contenu protégé par le droit d'auteur peut être utilisé dans la formation des modèles d'IA.Prendre une décision importanteLa Cour a statué pour la première fois qu'une telle utilisation relevait du « fair use », offrant ainsi une défense juridique aux entreprises d'IA comme Anthropic. Cette décision a non seulement attiré l'attention du secteur, mais a également suscité une profonde déception chez les créateurs, qui s'inquiétaient depuis longtemps de l'utilisation non autorisée de leurs œuvres par l'IA.
Cette affaire a été déposée en 2024 par plusieurs écrivains tels qu'Andrea Bartz, Charles Graeber et Kirk Wallace Johnson, accusant la société d'intelligence artificielle Anthropic d'avoir exploré et utilisé sans autorisation le contenu de leurs livres publiés pour former de grands modèles linguistiques (LLM), constituant une violation du droit d'auteur.
Cependant, William Alsup, le juge qui a présidé l'affaire, a souligné après le procès que même si le contenu utilisé par Anthropic peut provenir de sources non autorisées, le but et la nature de son utilisation pour la formation de modèles d'intelligence artificielle sont conformes au principe d'utilisation équitable, et une telle utilisation est juridiquement transformatrice et ne constitue donc pas une contrefaçon directe.
La décision stipule que même si Anthropic a initialement utilisé des « livres numériques piratés » et les a ensuite achetés, sans toutefois exclure totalement sa responsabilité, le montant des dommages-intérêts légaux pourrait être ajusté en conséquence. Autrement dit, si le tribunal a reconnu la légitimité de l'utilisation de contenus protégés par le droit d'auteur dans le développement de l'intelligence artificielle, il n'a pas pour autant complètement abandonné la possibilité d'engager des poursuites pour contenus obtenus illégalement.
Cette décision marque la première décision de fond rendue par les tribunaux américains sur la source des données d'entraînement de l'IA générative. Elle pourrait également servir de référence aux autres développeurs de technologies d'IA, notamment en phase de développement, où l'entraînement des modèles d'IA générative repose fortement sur des ensembles de données à grande échelle.
Il convient de noter que même si le tribunal n’a pas complètement nié les droits des créateurs, la tendance générale est relativement favorable à l’industrie de l’intelligence artificielle.
Ce résultat devrait susciter de nouvelles discussions sur l'éthique de la création et de la technologie. À mesure que le champ d'application de l'intelligence artificielle générative s'étend, tout, du texte aux images en passant par la musique, peut être rapidement généré grâce à des modèles. Les défis commerciaux et les risques pesant sur la valeur des œuvres des créateurs deviendront de plus en plus importants.
Des poursuites similaires devraient continuer à se multiplier à l’avenir et devraient pousser davantage les législatures à établir des réglementations plus claires concernant les sources de données d’intelligence artificielle, les mécanismes d’autorisation et les systèmes de rémunération.








